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DeTomaso Pantera : l’art du frisson brut

DeTomaso Pantera

La première fois que l’on découvre la DeTomaso Pantera, c’est une gifle graphique : avant acéré, postérieur musclé, allure de bête posée sur ses pattes, dessinée par Tom Tjaarda chez Ghia – tout respire l’audace. Ce n’est pas une Ferrari qui cherche à vous séduire, ni une Lamborghini qui parade devant un casino. La Pantera, elle, ne vous regarde pas seulement : elle vous défie, et attend de voir si vous aurez le cran d’en tourner la clé.

Il n’existe rien d’aussi explosif que la rencontre d’une Amérique décomplexée et d’une Italie excessive. C’est un Argentin, Alejandro DeTomaso, qui a eu le culot fou de marier la fougue transalpine à la brutalité d’un V8 Ford, logé dans le dos comme une promesse de chaos. C’était les années 70, époque où la ligne droite était un hommage, pas une contrainte ; où l’on concevait une caisse d’acier sans beaucoup penser aux normes, ni à ce que penserait la voisine écolo.

Oubliez les Ferrari sages et les Lamborghini trop visibles : la DeTomaso Pantera est une bête indocile taillée pour ceux qui aiment le danger, l’audace… et les échappements qui hurlent plus fort que leur propriétaire. Née d’un improbable mariage entre l’Italie flamboyante et l’Amérique musclée, la Pantera n’est pas qu’une voiture de collection : c’est une déclaration de guerre sur quatre roues.

L'avant de la fusée


À l’instant où le V8 Cleveland de 330cv et presque 6 litres de cylindrée s’ébroue, l’air se fend d’un grondement qui vous prend à la gorge – un vacarme organique, mélange sauvage de Detroit et de Modène. Derrière le volant, on comprend vite pourquoi la Pantera a formé, puis brisé, la réputation de tant de pilotes. Rien n’est assisté. Au premier virage, la voiture vous rappelle que la route n’est pas un jeu vidéo, et que le métal des années 70 n’a jamais vraiment appris à pardonner.

Le gros moteur Cleveland


La Pantera n’a jamais voulu plaire à tout le monde. Elle a, depuis toujours, fait peur et fasciné dans le même mouvement. La corrosion, l’électronique à l’italienne, le châssis torsadé à la demande et la rareté affolante de certaines pièces – autant de raisons pour les frileux de passer leur chemin. Pourtant, ce sont justement ces défauts qui forgent la légende : à chaque démarrage, le cœur bat plus vite, les mains transpirent, la promesse d’un duel se profile.

DeTomaso Pantera


Mais si l’on ose – vraiment ose – alors la Pantera donne tout. Le paysage fuse, la sonorité explose, la route s’ouvre comme une scène de cinéma vintage. Les regards se figent, aucune moderne, si sophistiquée soit-elle, ne donne cette adrénaline-là : celle d’avoir dompté, l’espace d’un instant, un fauve qui préfère trop souvent dévorer ceux qui s’y aventurent. Et au final, c’est 7.000 exemplaires qui sont sortis des chaines de 1971 à 1992.

Ce qui rend la Pantera unique… et attirante

  • Mi-ange, mi-démon : L’équilibre allumé entre technologie italienne capricieuse et musculature américaine généreuse. Vous rêviez de la fiabilité Ford et du style Ghia ? Bonne chance — parfois le pire des deux mondes, souvent le meilleur du bouton de démarrage à la zone rouge.
  • Sonorité : Un vacarme de fauve affamé, émasculant la circulation et réveillant vos voisins – idéal pour tester la résistance du quartier aux décibels.
  • Ergonomie : Si vous mesurez plus de 1m80, attendez-vous à rouler genoux dans le volant. Mais quel conducteur de supercar veut vraiment être à l’aise ? Ce n’est pas une Mercedes, c’est de l’art à l’italienne !
Pantera


Les (petits) défauts qui font tout son sel

  • Fiabilité d’époque : Le radiateur aime chauffer autant que les esprits. Le réseau électrique ? Baroque. Certaines pièces sont aussi rares que la modestie chez les collectionneurs.
  • Comportement : Un châssis qui se tord de plaisir… et parfois aussi de peur à haute vitesse.
  • Corrosion : L’acier italien des années 70 est meilleur au goût de la rouille qu’au test du temps. Si la voiture n’a pas été restaurée, ouvrez l’œil et le portefeuille.

Aujourd’hui, sur le marché de la collection, la Pantera est un des secrets les mieux gardé des supercars du siècle dernier. Au final, c’est 7.000 exemplaires qui sont sortis des chaines de 1971 à 1992. Elle se négocie à des tarifs toujours plus élevés (disons entre 100 et 200 k€), jalousée même par certains propriétaires de Ferrari, adorée par quelques irréductibles qui savent qu’une auto n’a de valeur que si elle fait frémir ceux qui l’approchent.

Poste de pilotage


Qui peut résister ? Probablement personne qui aime les odeurs d’essence, le métal chaud et la promesse d’une aventure. Parce que rouler en Pantera, ce n’est pas posséder une voiture : c’est entrer dans une histoire, un mouvement, une folie douce qui a le goût du vrai danger et du plaisir sans compromis.

Verdict

La DeTomaso Pantera ? C’est le parfum du danger, l’intimité du garage qui sent l’huile et la poudre, une supercar sans filtre qui ne demande qu’à rugir de nouveau. Décalée, sulfureuse, ultra désirable : qui peut lui résister ? La vraie question serait presque… oserez-vous passer le cap ?

Philippe, passionné depuis 1985

2 commentaires

  1. Très belle évocation, magnifiquement bien rédigée, d’une vraie voiture mais surtout de vraies sensations que seules les « anciennes » peuvent et savent procurer. Aujourd’hui, même les plus beaux ordinateurs à jantes resplendissantes ne procurent plus aucune de ces sensations, de ces ressentis, de ces odeurs mélangées de cuir, d’essence et de chaud, de ces émotions, de ces envies d’aller encore plus loin.
    À chaque époque ses plaisirs mais celle-là d’époque … on ne pourra jamais l’oublier !
    Un vieux de la vieille qui profite encore pleinement de ses petites vieilles (voitures évidemment …)

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