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Apollo 3500 GT: l’américaine qui rêvait d’être une Ferrari

Apollo 3500 GT

L’Apollo 3500 GT fut le premier et dernier modèle créé par Milt Brown, un ambitieux ingénieur californien cherchant à créer une grande routière américaine pour rivaliser avec des Aston Martin, Jaguar et … Ferrari. Son crédo ? Associer des carrosseries italiennes aux groupes motopropulseurs américains. Ainsi, Apollo a proposé au public américain un style exotique avec des mécaniques les plus attrayantes (et abordables).

Malheureusement, le premier modèle d’Apollo, le GT, s’est également révélé être le dernier.

Un design à couper le souffle

Le design époustouflant de la voiture a été signé par Ron Plescia, un ami étudiant en art de Milt Brown, et finalisé par le légendaire styliste Franco Scaglione. La carrosserie était fabriquée par Carrozzeria Intermeccanica de Frank Reisner à Turin, en Italie, avec l’assemblage final chez Brown’s International Motor Cars d’Oakland, en Californie.

Une mécanique V8 américaine

Sous sa belle robe, l’Apollo GT utilise un cadre tubulaire en acier de type échelle exceptionnellement rigide et une suspension personnalisée dérivée de la Buick Special, avec des composants Chevrolet supplémentaires : une transmission à quatre vitesses à rapport rapproché Borg-Warner et un moteur Buick V-8 en aluminium tout-en-un de 3,5 litres. . Ce moteur n’a pas été choisi sans solides raisons. Le V8 Buick 3,5L qui développait un peu plus de 200 ch avait surtout l’avantage d’être le V8 le plus léger du monde, mais aussi d’être plus petit que les autres. Un bonne solution pour limiter la charge sur l’essieu avant et pour garantir une bonne répartition des masses.

Interieur du Spider Apollo

A l’arrivée, l’Apollo est un véritable poids léger pesant environ 1.100 kg, soit près de 250 kg de moins qu’une Jaguar Type E !

Ainsi, le 0-100 est avalé en 7.5s et le sacro-saint quart de mile en 15.6 s, pour une vitesse de pointe de 240 km/h. Des perfs plus que séduisantes en 1962…

Et la voiture plait. Le charme de la Dolce Vita pour les yeux et la robustesse du made in America pour le moteur, ça séduit …

Apollo coupe

L’argent, toujours l’argent …

Près de 100 exemplaires (88 en fait) sont produits entre 1962 et 1964, dont 8 versions spiders. Mais en 1962, faire venir des pièces du monde entier et les assembler sans avoir une chaîne de production cohérente se révèle être très compliqué, et c’est ce qui a causé la perte de l’entreprise même si, en fin de production apparait l’Apollo 5000 GT, dotée d’un V8 4.9 de 250cv

Brown a tenté de maintenir l’approvisionnement en carrosseries avec Intermeccanica en s’associant avec un industriel Texan pour qu’il continue à produire les Apollo sous le nom de Vetta Ventura. Mais la collaboration s’est arrêtée après seulement 11 exemplaires. Une troisième tentative de production de l’Apollo fut réalisée par l’avocat Robert Stevens. Sa société Apollo International de Pasadena, en Californie, n’a achevé que 14 voitures, le contremaître Otto Becker en ayant terminé 6 autres. Ces 20 ultimes modèles signèrent la fin de l’aventure.

La ligne de l'Apollo 3500

L’Apollo 3500 GT aujourd’hui

Si l’aventure de l’Apollo 3500 GT fut un fiasco commercial, elle est aujourd’hui saluée comme une voiture exceptionnelle alliant le meilleur de deux mondes, se révélant être une grande routière exceptionnelle, absolument digne d’affronter ses contemporaines pur-sang européennes.

La valeur de marché de ce petit bijou s’établit entre 130 et 150.000 euros pour le coupé et autour de 200.000 euros pour le spyder, sur la base des dernières ventes aux enchères de ces dernières années.
L’Apollo 3500 GT était proposée à $ 6.000 en 1963.

AutoCollec

4 commentaires

  1. Oui, comme Iso Rivolta (dans l’autre sens) … de magnifiques voitures, mais sans pérénité industrielle…

  2. Effectivement, même en photo, elle paraît très belle. Très surprenant cette ligne qui revendiquait son origine américaine.
    Savez-vous si on peut la trouver en voiture miniature?
    Merci pour vos excellents articles.
    EB

  3. dommage que des marques actuelles type Dodge, Chevrolet ou Ford ne rachètent pas les droits pour sortir une version actuelle sans toucher au design.
    le dessin est parfait, le Neo rétro serait une réussite

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