samedi, juin 22 2024

Attention. Ca pique … Nous avons choisi d’aborder un sujet chaud, brûlant et avouons-le, carrément tabou ! Y a-t-il une menace de disparition des anciennes ? Quelle serait cette menace ? A quelle échéance ? Est-elle réelle ou relative ? On balaye le sujet et on attend vos commentaires en dessous de cet article…

Nos anciennes ont longtemps été chéries par des générations de passionnés. Enfants, nous croisions des modèles de rêves dans la rue. Devenus adultes, nous avons rêvé de les posséder. Et souvent, nous y sommes arrivés. Cependant, le monde des collectionneurs de voitures anciennes est aujourd’hui à un tournant critique. Avec le vieillissement progressif des baby-boomers et le désintérêt flagrant des jeunes générations pour l’automobile, notre passion risque de se dissoudre comme une peau de chagrin. Une question s’impose : l’amour des voitures anciennes est-il condamné à s’éteindre ?

Disparition des anciennes

Les Baby-BoomerS, gardiens d’une passion en voie d’extinction

Les baby-boomers, cette génération née entre 1946 et 1964 qui a aujourd’hui entre 60 et 80 ans, ont été les principaux acteurs et gardiens de la culture des voitures anciennes. En ayant grandi dans une époque où l’automobile symbolisait rêve, liberté et succès, ils ont consacré temps et argent à l’acquisition et à la préservation de ces véhicules de leur génération. Leur pouvoir d’achat généralement élevé, leur retraite précoce, leur ont permis d’acquérir, entretenir et restaurer à tour de bras des collections souvent impressionnantes, tout en s’impliquant dans la vie d’un véritable mouvement.

Malheureusement, cette génération vieillit et disparaît progressivement, emportant avec elle une partie essentielle de la culture automobile. Le risque est que, sans relais générationnel, ces trésors mécaniques finissent abandonnés ou vendus à des spéculateurs sans passion véritable. Et là où certains voient des gardiens du patrimoine, d’autres dénoncent une élite qui monopolise les voitures anciennes, rendant cette passion inaccessible à ceux qui n’ont pas les moyens financiers pour rivaliser.

Disparition des anciennes pour les jeunes

Les jeunes générations : désintérêt ou révolution ?

À l’opposé, les jeunes générations, notamment les milléniaux et la génération Z, semblent largement désintéressées par l’automobile. Pour eux, la voiture n’est plus un symbole de liberté mais plutôt un simple outil de transport, souvent associé à des controverses environnementales et économiques. Les jeunes préfèrent les transports en commun, le vélo, la trottinette électrique ou encore les solutions de mobilité partagée comme Bla-Bla Car et similaires.

Le pouvoir d’achat des jeunes est également bien inférieur à celui de leurs aînés. Entre les loyers exorbitants, les dettes étudiantes et les salaires stagnants, peu peuvent se permettre de dépenser des sommes élevées pour une voiture ancienne. Ceux qui s’intéressent aux voitures se tournent souvent vers des modèles plus récents et particulièrement abordables, avec une approche moins orthodoxe de l’authenticité. Ils sont ouverts à des modifications modernes, parfois lourdes, comme le tuning.

Meeting Tuning

Mais pour les collectionneurs plus âgés, ces tentatives sont souvent perçues comme des dénaturations et non des innovations, rejetant ainsi la contribution potentielle des jeunes à leur mouvement.

La voiture ancienne, réservée à une élite ?

La fracture financière exacerbe ce déséquilibre générationnel. Avec un ticket d’entrée à 10.000 euros pour une Deuche ou une Mini Cooper, les prix des voitures anciennes ont atteint des sommets, en grande partie à cause des enchères où les baby-boomers aisés et les investisseurs fortunés s’affrontent pour des pièces rares. Cette spéculation transforme les voitures en objets de luxe inaccessibles pour la majorité, renforçant l’idée que cette passion est réservée à une élite. Hors les milliers de réunions locales régionales reposent sur un tissu de passionnés trop peu médiatisés…

Rétromobile

Les événements dédiés aux voitures anciennes, autrefois des rassemblements de purs passionnés, ressemblent de plus en plus à des expositions de joyaux, où les jeunes et les moins fortunés sont relégués au rang de simples spectateurs. Cette évolution risque de tuer l’âme même de la culture des voitures anciennes populaires, qui repose sur le partage et la transmission de la passion et du savoir-faire.

L’avenir : évolution ou extinction ?

Pour que la passion des voitures anciennes survive, une nouvelle approche serait nécessaire. Les baby-boomers vont devoir accepter de transmettre leur savoir et leurs collections aux jeunes passionnés, et non plus aux seuls spéculateurs. Des initiatives communautaires, des programmes éducatifs et des subventions pourraient aider à démocratiser l’accès à cette passion.
La bonne nouvelle, c’est que la FFVE est consciente du problème et a ouvert un projet dans ce sens

Transmission des savoirs

Les jeunes, de leur côté, doivent réévaluer l’automobile non seulement comme un moyen de transport mais aussi comme un patrimoine culturel à préserver. L’innovation, comme la reproduction 3D de pièces introuvables, peut offrir une voie de compromis entre tradition et modernité.

Sauver la passion par l’inclusivité et l’innovation

Dans 10 ans, les boomers auront entre 70 et 90 ans. Ceux qui ont portés depuis le début des années 2000 la passion des anciennes et qui auront encore le bonheur d’être avec nous ne seront probablement plus aussi agiles, actifs, pétillants que ces dernières années. La question de la relève est la vraie question qui se pose… sinon, ce sera la disparition des anciennes, fautes de combattants.

Disparition des anciennes

Le monde des voitures anciennes est à la croisée des chemins. La disparition progressive des baby-boomers et le désintérêt des jeunes menacent de faire de cette passion un simple souvenir. Pour éviter cela, il est crucial de créer des ponts entre les générations et de rendre cette culture accessible à tous, indépendamment du pouvoir d’achat.

Seule une approche inclusive et innovante permettra de préserver ce patrimoine unique pour les générations futures. La passion des voitures anciennes ne doit pas s’éteindre avec ses gardiens actuels, mais renaître à travers une nouvelle génération prête à embrasser et à réinventer cet héritage.

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8 comments

  1. C’est une sacrée bonne question, oui. Est-ce que nos certitudes, notre sectarisme, notre intransigeance ne sont pas au final nos pires ennemis à terme ? Notre monde, à 95 % masculin, à 90% âgé de + 50 ans …. n’est-il pas un monde en train de s’effondrer ? On a beau essayer de se barricader derrière nos certitudes, l’âge est là, des copains sont déjà partis et rien n’inversera la tendance.

  2. L’approche est un peu trash, mais intéressante. Même si il y aura toujours des exceptions pour justifier la règle : bien sûr que l’immense majorité des passionnés et collectionneurs ont les cheveux argentés et que se pose la question du devenir des voitures et collections. Soyons également objectif, l’image renvoyée par le monde des collectionneurs n’est pas le plus progressiste qui soit. Sexisme, entre-soi, propos graveleux… bien souvent, il n’y a pas que les bagnoles qui sont celles des années 70.
    Je suis assez d’accord pour dire que tout ceci ne sera pas éternel et que va se poser la question de « qu’est ce que ça va devenir » …

  3. Quand on se passionne pour les voitures anciennes c’est obligatoirement parce qu’il y a une forme de nostalgie de l’époque, de la façon de vivre. Chez certains (et j’en connais beaucoup) c’est aussi une forme de rejet de l’évolution sociétale actuelle. Nous connaissons tous le sectarisme qu’il peut y avoir dans notre milieu « matching numbers » « strictement d’origine » etc … mais effectivement, même si certaines personnes plus jeunes que nous viennent déambuler dans nos réunions, que représente une Simca 1000 ou une Lancia Fulvia pour un jeune de 30 ans ? Rien, aucun souvenir. Ses souvenirs à lui (ou elle) c’est les bagnoles de l’an 2000 …

  4. 30 ans que je me pose cette question, et que le temps qui passe distille quelques réponses :
    La plus intéressante à mes yeux est le couple « valeur d’échange valeur d’usage ». Ainsi une 2CV est un must have, car elle apporte de multiples plaisirs (vie sociale, bricolage, sympathie, tous chemins, découvrable) pour un petit investissement. Idem tous les petits cabrioles (204, anglaises, italiennes…) ou les plus récentes MX5 ou Smart cabriolet.
    Ça devient plus compliqué pour des autos chères à entretenir et lourdes à conduire (Traction, berlines Jaguar…) qui restent au garage après 1 ou 2 réquisitions pour des mariages…
    Complexité et perte de compétences expliquent des cotes basses, malgré le charme, l’intérêt technique et la rareté (Panhard), alors que certains clubs cultivent parfaitement la valeur d’échange (Facel Vega) ou la double valeur (Alpine).
    Je reste donc optimiste pour les nombreux et jolis coupés Fulvia, par exemple !
    Mais l’équation est complexe, car des autos restent mythique (50 % des designers turinois citent la DS comme la voiture qu’ils auraient voulu créer – vu au musée de la ville), le marché s’est élargi (Est de l’Europe), bouge (appétence des US pour Benz et BMW des 70′), redécouvre (Glas BMW, 240 Z…) et parfois se bloque en effet (coupés Borgward, pourtant simples et incroyablement kitch).
    La recette est sans doute dans des rallyes « des princesses » ou les « père-fils ou fille », mais moins élitistes et surtout bien moins chers.

    1. @jeff912
      Je ne suis pas d’accord avec vous. Il n’y a pas que la question de l’argent. Les jeunes adultes de 30 ans n’ont pas été élevés dans l’esprit des automobiles anciennes, des automobiles d’exception, des transhumances estivales sur la nationale 7…
      Ils ont grandis dans le culte du nombre d’airbags, des vignettes Critair, des voyages par l’autoroute et du prix du gazole, des radars, du permis à points …
      Je suis assez d’accord avec l’article qui indique que derrière « la vieille garde » que nous sommes pour la plupart, il n’y a pas de relève. Ou en tous cas pas en nombre suffisant.

  5. Combien de gens ont-ils encore des chevaux chez eux aujourd’hui ? Très peu. Et pourtant, le noble animal a été pendant des siècles l’outil de nos déplacements, de nos travaux quotidiens avant d’être remplacé par des automobiles qui nous ont à leur tour fait rêver pendant plusieurs générations. Certaines resteront peut-être des icônes (comme la 2CV, la Coccinelle, la Type E, la Pagoda, quelques petits coupés anglais ou italiens) mais les autres finiront leurs jours dans des garages poussiéreux ou, pour les plus chanceuses, un musée car elles ne pourront plus rouler (avec quel essence, quels mécaniciens pour les entretenir, quelles réglementations qui les interdiront ?). De mon côté, je collectionne les motos. Milieu beaucoup plus décontracté que celui de l’auto et dans lequel il y a encore beaucoup de jeunes (il n’y a qu’à voir l’affluence aux Coupes Moto Légende). Mais sans doute promises au même avenir sombre.

  6. La passion des autos en général et des anciennes en particulier n’est pas héréditaire
    Nous, les + de 50 ans, possédons les voitures qui nous ont fait envie étant jeunes quand on n’ avait pas l’argent pour les acheter…..puis, dès qu’on a pu, on a réalisé nos rêves en se les payant.
    Les jeunes qui ont moins de 25-30 ans , que regardent-ils ? Les Mc Laren, les Ferrari, Porsche, les Customs, mais surtout pas les TR3 ou les Midgets…..Donc, nos voitures des années 50-60… 70 (?) sont sur leur dernière ligne droite avant la voie de garage , hélas, mais c’est inévitable ,
    Seule consolation pour elles, elles iront à la casse un jour, …….mais après nous !!

  7. Il me semble que le constat sur la situation actuelle et à venir est un peu noir. Sans doute un biais… générationnel!
    Il suffit de parcourir les réseaux sociaux et Youtube pour trouver quantité de jeunes passionnés près à prendre la relève.
    N’oublions pas que les baby boomers ont transmis leur passion à leurs progénitures. Il me semble réducteur de penser que cette transmission n’a pas eu lieu.
    Il suffit de parcourir le parking réservé aux anciennes du salon Epoqu’auto pour voir que cette passion est vivace chez les jeunes générations dont la culture automobile ne cesse de m’étonner.

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